Alors voici un article qui raconte notre périple dans la montagne Huayna Potosi de 6088 mètres ! Pour ceux qui n’ont pas 5 minutes vous pouvez revenir le voir plus tard car le partage de cette
expérience est pour nous magique et pour vous, il permettra de voyager un peu et de vivre une expérience extrême…qui frôle la folie !!!
Annie se de

mande dailleurs encore comment elle a fait !!!
Premièrement, un peu d’histoire…
Huayna Potosí est une montagne de Bolivie. Elle est située à 25 km au nord de capital, La Paz. Elle fait partie de la Cordillera Real. Son sommet est couvert de glace et les livres et articles
disent que c’est un sommet des plus beaux et plus célèbres du pays, pour ne pas dire de la region andine d'Amérique du Sud. De plus, elle semble être selon le
Peakware World Mountain
Encyclopedia c’est la montagne de plus de 6000 mètres la plus facile à ascendre.
La première ascension fut réalisée en 1919 par les alpinistes allemands Rudolf Dienst et Adolf Schulze. Il est souvent appelé à tort « le plus facile 6 000 m du monde » ; en effet, il comporte deux
montées de glace très pentue et recouvert d’une épaisse couche de neige. Un article dit qu’il semble exister des sommets de 6 000 m techniquement plus faciles à gravir. Car finalement elle est la
montagne de plus de 6000 mètres non la plus facile mais la plus accessible du monde !
Récit de nos 3 jours…
Jeudi soir le 9 avril 2009
Nous nous dirigeons vers La Paz pour aller dormir chez Émilie, une amie qui est aussi volontaire. Elle a eu la gentillesse de nous prêter son appartement afin que nous aillions une bonne nuit de
sommeil avant le périple de notre vie !!! Nous nous préparons psychologiquement à l’ascension de la montagne…
Vendredi le 10 avril 2009 (Pratique d’escalade de glace)
Nous nous levons à 7h00 du matin afin de prendre un bon petit déjeuner. Nous devons être à l’agence à 8h30 car nous devons essayer et réviser l’équipement. Alors comme équipement nous avons :
Piolets, crampons de métal, sleeping bag, bottes, manteau, pantalons de neige et les harnais. Annie commence déjà à angoisser…Patrick lui est de plus en plus excité !!!
Nous partons vers le 1er camp de base vers 10h00. Il n’y a plus de gaz dans le secteur El Alto, nous attendons alors 1h en ligne pour pouvoir partir !!!
Enfin vers 12h00 nous partons pour de bon. Depuis la route, il était possible de voir la majestueuse montagne découper le paysage, se dressant devant nous tel un géant prêt à nous terrasser
de par son imposante altitude. Elle ne connaissait définitivement pas le mythe de David et Goliath, elle étant une Goliath sur le point de se faire dompter...
Arrivés au camp, nous sommes accueillis par un bon repas, soupe de quinua et truite du lacTiticaca. Vers 13h00 nous nous habillons (ce qui a prit environ 1h tellement nous avions de l’équipement)
et nous nous sentons déjà essoufflés, car il ne faut pas oublier que nous sommes à 4400 mètres, alors le moindre effort physique est difficile. Mais bon, nous sommes finalement prêts à partir pour
l’entraînement d’escalade de glace.
Nous sommes 7 dans l’équipe et personne n’a fait d’escalade de glace auparavant. Il ne faut pas omettre de dire qu'Annie a peur intarrissable des hauteurs !!! Après 1 heure de marche, nous arrivons
à la paroi de glace. Nous sommes avec 2 guides qui nous explique comment faire et les « brèves » mesures de sécurités !!! Patrick se sent tout à fait en confiance, alors qu'Annie n’ose pas aller
jusqu’en haut de la paroi…elle n’a aucune idée de ce qui l’attend dans la montagne, la pauvre...
Nous revenons au 1er camp de base pour un souper et un dodo.
Le lendemain nous partons vers 13h00 pour une ascension de 4 heures vers le 2e camp de base. Annie a eu des maux de tête jusqu’à 1h00 du matin cette nuit-là, nous ne savons pas si c’est le stress
ou l’altitude, mais tout est entré dans l’ordre après avoir pris 2 aspirines !
Samedi le 11 avril 2009 (Vers le 2e camp de base)
Nous nous levons à 8h30 après un nuit de sommeil sommes toutes récupératrices pour 4400mètres, et déjeunons aux fruits et chocolat chaud. Nous sommes servis comme des rois ! Nous nous gavons de thé
de coca. Il est maintenant 12h00 et nous devons préparer nos sacs à dos et notre équipement car nous partons dans 1h. Nous partons donc avec de l’eau et un peu de nourriture avec comme destination
le 2e camp de base, situé à 5344 mètres. Nos sacs à dos ne sont pas trop lourds, mais nos bottes d'andinisme, similaire à des bottes de ski alpin en plastique rigide, se font sentir dans les
molets! Cependant, nous ne ressentons pas encore les effets de l’altitude. En fait cette montée a été plutôt agréable. Patrick, tel un vrai Aymara andin, chique sa coca tout le long de la montée.
Nous nous rendons en 3h00…pas si mal pour des gens sans expérience de montagne !

Parvenue au campement, Annie sens déjà la fatigue s'en prendre à
elle, et decide de s’enrouler immédiatement dans son sac de couchage, il est 16h00 !!! Patrick dit soudainement que la vue à l’extérieur est prenante, alors Annie décide de sortir pour voir un
peu…Durant environ 1h, Patrick reste à l’extérieur à contempler le paysage qui se débale devant lui alors que les nuages sont chassé par un soleil puissant. Annie, quant a elle, préfère
retourner au confort de son sac de couchage…après tout, il fait un froid de canard à une pareille altitude. Le 2e campement est rudimentaire: une structure de métal sans fenêtre, un plancher de
bois recouvert de tapis, des matelas de sol, et il n’y a pas de chauffage !!! Les guides ont la gentillesse de nous préparer un repas, de la soupe, des pâtes et des saucisses. Patrick mange bien,
mais pour Annie, la soupe c’est suffisant. Vers 18h00, le guide nous dit que nous devons nous reposer et nous lever à minuit afin et de partir à 1h00 du matin pour l’ascension. Nous devrions
arriver au sommet à 7h00 pour voir le levé du soleil. Patrick est excité, Annie pleure déjà le manque de sommeil...!
Nous ne dormons pas…peut-être 5 minutes, nous ne savons pas ! Les guides, eux, entre dans un concert de ronflement les plus profonds un que l'autres...on les jalouses tous!! Il fait froid, il fait
chaud, nous avons un peu mal à la tête et la respiration est bizarre. Nous sentons qu’à chaque fois que nous nous endormons, nous manquons d’air…et nous réveillons en sursautant...la nuit sera
courte et froide...
Dimanche le 12 avril 2009 (Le grand jour- Jour d’ascension)
À minuit, après 6 heures de revirement, la levée du corps est extrêmement difficile, mais nous sommes tous, à la fois, excités et stressés. Nous n’avons aucune idée de ce qui nous attend et surtout
de comment notre corps réagira. Il suffit d’un mal de tête ou de vomissements pour que nous soyons obligés de redescendre…la déception totale nous guettait !
Déjà fatigués, maladroitement, nous enfilons notre équipement. Mario, notre guide nous aide à mettre nos crampons de métal, nous ne sommes pas très expérimentés, et ca se voit ! Ensuite Mario nous
attache à une corde. Nous sommes donc encordés, Annie, Patrick et le guide. Annie dit « Alors si on meurt, on mourra ensemble !!! » et « si je meurs ma mère te tuera !!!». Nous sommes tous en
équipe de 3, sauf Mélissa qui est seule avec le guide et qui devra ouvrir la route. La peur envahie Annie, elle a la nausée…et nous n’avons pas encore commencé l’ascension. Se voulant rassurante,
Mélissa dit à Annie « Tu as peur, mais tout ira bien… ». Espérons qu'elle avait raison!
C’est ainsi qu’à 1h00 du matin nous débutons la montée sur un glacier d’environ 30 degré avec de la neige jusqu’au cheville, ce qui rend chaque pas, plus dificile que le précédent. Il fait noir,
tout ce que nous voyons c’est un cercle sur le sol devant nous éclairé par notre lampe frontale. Le froid ne se sent pas trop encore. Les premiers 100 mètres se font relativement bien, espréons que
les 750 mètres restants en seront de même...
Arrivés à la première paroi de glace d’environ 45 degré qui fait environ 60 mètres, Annie fige quelques minutes, mais se dit, tu y arriveras !!! Le guide est devant, Annie est 2e et Patrick ferme
la route. Annie monte la pente en enfonçant son piolet si fort, car avec raison elle craint de tomber. Après quelques mètres de monter, la fatigue se fait déjà sentir surtout dans les jambes. Annie
doit arrêter plusieurs fois pour reprendre son souffle. Patrick est en arrière et rassure Annie à chaque minute. Arrivée en haut de cette première paroie glacière, Annie s’écroule au sol de
fatigue, mais surtout de peur ! Annie est épuisée mentalement, ne dit rien, et continue. Tout le long elle lutte contre la peur…ça lui demande énormément d’énergie. Elle pense à une douche chaude
et à son lit. Patrick lui pense à rien d'autre que dresser ce géant de glace, et continue malgré la grande fatique qui s'installe déjà dans ses muscles…
Nous continuons donc la montée…Annie trouve son rythme, un pas, deux inspirations et une expiration. Patrick lui respire normalement et à chaque 5 minute il prend des respirations aussi rapides que
saccadées. Ce fut épuisant, mais faisable. Après avoir passé par-dessus 2 crevasses d’environ 200 mètres de profondeur, il ne reste plus que 2 heures et nous arrivons à la dernière étape. La
fatigue se fait sentir et Annie marche de plus en plus comme un robot. Nous n’arrêtons pas souvent pour prendre des pauses, boire et manger du chocolat, nous commençons à nous déshydrater. Lorsque
nous arrêtons plus de 5 minutes le froid se fait sentir.
Nous arrivons enfin à l’endroit où il est possible de voir le sommet. Nous rejoignons le groupe. Mélissa est complètement épuisée…elle se met en petite boule et se motive mentalement. La
guide nous dit « maintenant nous allons faire le bout le plus difficile ». Annie regarde le sommet et se demande avec l’énergie qu’elle a si elle pourra l’atteindre. Patrick lui a mal au
ventre…Alors les pas sont de plus en plus difficiles.
Les deux cent cinquante mètres avant l’arrivée au sommet sont impressionnants, extrêmes et surtout aucunement sécuritaire. Nous devons marcher sur un passage d’une largeur de 30 cm environ avec un
coté où nous devons planter notre piolet et de l’autre côté…rien…le vide !!! Nous arrivons ensuite à une pente très forte d’environ 80 degré que nous devons escalader avec notre piolet et nos
crampons…nous devons escaladé la parois de glace en angle, avant de monter en ligne droit...afin de contourner la crevasse, en bas, qui nous menace telle une monstrueuse bouche ouverte, prêt à
avaler quelconque andiniste incapable de faire la montée... Annie a peur, Patrick trouve le chemin au sommet périlleux, et nous sommes épuisés. Ce qui est de plus dangereux c’est l’épuisement. Nos
jambes tremblent, tout notre corps est fatigué alors il est facile de faire de faux mouvements et de tomber...
Arrivée en haut de la pente, Annie voit qu’il reste seulement un petit pont avant le sommet qui est à environ 15 mètres…le petit pont est extrême…avec l’épuisement, Annie décide de rester en place
et de ne plus avancer. Elle pleure. Patrick décide de rester avec elle, d'autant plus qu'il ne peut pas s'y aventurer seul, et qu'il devrait avoir un autre guide pour l'escorter... Il n'y a pas
d'autres moyens. De toute manière c’est le sommet…nous ne sommes pas obliger d’en faire plus…nous sommes arrivé au sommet !
Le jour se lève, c’est magnifique. Nous prenons quelques photos et nous devons redescendre, car le sommet est petit, et d'autres aventuriers ont déjà entamé l'ascention finale.
La descente est relativement facile, mais nous sommes tellement épuisés qu’elle semble éternelle. La technique des autres guides est archaïque et surtout non sécuritaire. Notre guide nous met en
double sécurité. Il est le seul à le faire (Merci Mario !!!). À certains endroits nous devons descendre en rappel et cela fou la chienne à Annie, mais elle le fait sans mots. Les dernières heures
sont pénibles et Annie a mal partout. Patrick se sent nauséeux…nous sommes complètement déshydratés ! Nous arrivons au 2e camp de base à 9h00. Nous prenons notre équipement…maintenant notre sac à
dos semble peser 2 tonnes ! Nous devons redescendre au 1er camp de base.

Malgré la fatigue nous pouvons admirer des paysages fabuleux qu'il nous était impossible de
voir durant la nuit. Des glaciers à couper le souffle, des piques de roche mystérieux, et de sublimes crevasses qui parsemment notre chemin de retour, tel un champs de mines à découvert!
1h30 après nous arrivons au camp de base complètement finis !!! Patrick se couche sur la roche et y reste pour 30 minutes. Annie reprend ses énergies ! Nous mangeons de la soupe et attendons pour
repartir vers La Paz.
Après une bonne douche chaude et une collation, nous prenons l’autobus vers Oruro. Après 4h30 de bus nous arrivons à l’appartement, mangeons un peu et nous nous sommes endormis en une seconde en
pensant à l’exploit herculéen que nous venions de réaliser…
Ceci fut la première montagne de plus de 6000 mètre pour Patrick et la dernière pour Annie !